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Le Travail Manuel comme Fierté du travail accompli

Dernière mise à jour : 8 sept. 2022

Je suis cadre supérieur dans un grand groupe de Presse, je suis Juge aux prud’hommes, je suis issue de parents universitaires de grande envergure ;

aussi, comment moi, forgée aux mots d’esprits, élevée aux réflexions intellectuelles, aux concepts philosophiques et aux discussions d’abstractions ainsi qu’entre parenthèse passionnée de technologie, celle-ci incluant les réseaux sociaux ais je pu en arriver à avoir besoin de créer manuellement au quotidien.


L’Immobilisme Forcé et le Sens de la Vie !


En 2005, j’ai mis au monde une magnifique petite poupée devenue, depuis, une splendide jeune fille.

J’étais aux anges, j’avais réussi, j’étais enfin une femme accomplie, une mère...

Mais une mère bloquée chez elle: impossible désormais d’aller au restaurant sur un coup de tête, de sortir boire un verre de vin avec des amis, d’organiser un week-end amoureux en 2 heures … de sortir les poubelles de l’appartement sans penser à … la couverture, la tétine, le bonnet … L’enfer… Une situation qui devenait une quasi prison de par mes habitudes individualistes.

Certaines mères autour de moi m’assurait que c’était normal, que ça passerait, que je devenais (enfin) adulte … mon œil !

L’adulte en moi avait le quotient intellectuel d’une huitre morte depuis 3 semaines et l’allant d’un veau partant à l’abattoir sur les conseils avisés de l’éleveur.

J’étais coincée et je n’avais pas le choix : Laurence Pernoud pouvait aller se rhabiller : je n’avais comme seule solution que rester dans mon Home (pas) Sweet Home et encaisser.

Et là, j’ai développé une addiction au travail du ménage, la serpillère n’avait plus de secret pour moi, mon intérieur rutilait, je devenais une fée du logis fière du travail accompli dès 8h du matin.

Il fallait ensuite remplir les 12 autres heures de la journée et ce chaque jour avant la fin de mon congé maternité que j’attendais avec une impatience de plus en plus grandissante.

Impossible de lire Marc-Aurèle qui m’exaspérait par son acceptation absolue:

Ô Dieux ! Donnez-moi

  • le courage de changer ce qui doit être changé,

  • la patience de supporter ce qu'il m'est impossible de changer

  • et la sagesse de distinguer l'un de l'autre.


Je m'imprégnais plutôt avec passion du Dyonysos et de la vie créatrice Nietzschéenne.


Sa vision de l’art, invention de formes harmonieuses, d’une production destinée à un embellissement de toute l’existence, occultant les laideurs, humanisant ou dissimulant tout ce qui est inélégant me faisait rêver.

L’aristocratie du vrai travail, de la mise en forme des choses, liées à la joie et au plaisir, l’individualité créatrice, le critère d’authenticité parlait à mon âme avide de retrouver les joies de la vie communautaire bloquée comme je l’étais dans un environnement stérile à mon sens.

En parallèle, je m’interrogeais sur la reprise de mon travail que j’adorais et que j’adore encore à ce jour : La finalité de mes tableurs Excel, du déploiement d’un nouveau programme comptable, de la gestion des parts de produits : était-elle vraiment exceptionnelle ?

Pour quel résultat ?

Une créativité certaine mais qui ne me permettait pas chaque soir de me sentir fière du travail accompli : chaque tache étant sans fin et dans un éternel recommencement quotidien ou quasi.


Alors, j’ai essayé !

Avec ce que j’avais sous la main sans investissement aucun!

Un vieux vide - poche en bois et un stylo à encre

vide poche en bois representant un lievre et triquetra celtique

Essayer de leur redonner un Souffle, un Esprit, une Vision, un peu de Beauté.


Créer en travaillant de ses mains.


L’activité manuelle nécessite d’être dans le moment présent, en pleine conscience, de vivre un moment unique, d’arrêter le temps, d’être précis et de faire le vide en soi.


Créer de ses mains permet de réapprendre la patience, chaque œuvre nécessite du temps (de réflexion, de réalisation, de séchage, d’apprentissage..)


Créer permet de réapprendre l’humilité : notre œuvre n’est jamais parfaite, et c’est ce qui lui donne une âme tout en progressant, apprenant et en essayant de se dépasser chaque jour.


Créer permet de réapprendre la confiance en soi, la fierté de la réalisation physique dont on prend conscience quotidiennement parce que notre création est là, devant nous : nous pouvons la toucher et la voir évoluer, la finaliser.


Créer permet de retrouver ses 5 sens :

- la vue de sa réalisation personnelle qui journalièrement prend forme,

- l’odeur des feuilles fraichement coupées pour un futur herbier ou celle de l’argile humide,

- le toucher du cuir tanné naturellement,

- l’écoute du chant du bois en train d’être poncé.

Et soyons réalistes, le goût de la poussière s’infiltrant partout … :-)

Créer de mes mains a permis aussi en parallèle de redonner un sens à ma vie familiale et professionnelle.

Je savais ce que je faisais et pourquoi je le réalisai.


Chaque soir j’étais enfin fière du travail accompli et je le suis toujours.


Si vous aussi, parfois, vous ressentez un manque de finalité dans vos gestes quotidiens, lancez- vous! Créez!

Chaque nouveau projet libèrera l'Aventurier qui est en vous et réenchantera le monde. 




“Ce n’est pas l’histoire, mais l’art qui exprime la vraie vie”

Friedrich Nietzsche



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